Au programme de ce deuxième numéro : un record de créations d’entreprises, Doctolib et Mistral AI à l’heure de l’IA, quatre mots à connaître, l’interview d’une jeune entrepreneuse et nos rendez-vous de mars. Avec optimisme, bonne lecture !
Trois actualités entrepreneuriales
1. Le boom des créations d’entreprises en 2026
Janvier 2026 a enregistré un record : plus de 115 000 créations d’entreprises en un mois, soit 10 % de plus que l’an dernier. L’envie d’entreprendre n’a jamais été aussi forte chez les Français.
Pour mémoire, les plus grandes levées de fonds de la French Tech en 2025 :
- Pennylane : 75 millions d’euros (logiciel de gestion comptable) ;
- Genesis AI : 105 millions d’euros (IA au service de la robotique) ;
- Loft Orbital : 170 millions d’euros (infrastructures satellitaires) ;
- Mistral AI : 1,7 milliard d’euros.
2. Doctolib se réinvente et investit massivement dans l’IA
En 2026, Doctolib investit 20 millions d’euros dans l’IA générative pour automatiser la rédaction médicale, avec l’objectif de libérer 25 % du temps administratif des 340 000 praticiens de son réseau.
En parallèle de son expansion en Italie et en Allemagne, le leader de l’e-santé a sécurisé ses données avec la certification SecNumCloud, affirmant sa souveraineté numérique. Ce passage de la prise de rendez-vous à l’assistant médical intelligent le positionne sur un marché européen de la santé connectée en pleine explosion.
3. Mistral AI et Arthur Mensch : l’heure de vérité
En 2026, la pépite française dirigée par Arthur Mensch passe du statut de « génie de la tech » à celui de machine commerciale. Après avoir levé des milliards, l’enjeu n’est plus seulement de créer des algorithmes puissants, mais de prouver que son modèle économique est rentable face aux géants américains (OpenAI, Google).
La stratégie est claire : le B2B et la souveraineté. Plutôt que de viser le grand public, Mistral vend aux grandes entreprises européennes des modèles d’IA sur mesure, ultra-rapides et conformes aux lois européennes sur les données.
C’est un test pour Arthur Mensch : transformer une supériorité technique en parts de marché mondiales, et prouver qu’une entreprise européenne peut gagner la course à l’IA sans les ressources illimitées de la Silicon Valley.
L’anecdote entrepreneuriale
En janvier 2026, une startup de robotique très en vue a publié une vidéo virale : son robot humanoïde y pliait du linge et rangeait la vaisselle avec une fluidité bluffante. Le monde a crié au génie de l’IA. Quelques jours plus tard, une enquête a révélé la supercherie : le robot n’était pas autonome. Il était télé-opéré par un humain caché dans une autre pièce, équipé d’un casque de réalité virtuelle et de gants sensoriels qui transmettaient ses mouvements à la machine en temps réel.
Les mots du mois
Le « bootstrapping »
C’est l’art de faire beaucoup avec rien : créer et développer son entreprise uniquement avec ses économies et les revenus des premiers clients, sans faire appel à des investisseurs extérieurs (business angels ou fonds de capital-risque).
Exemple : GoPro a été « bootstrappée » pendant des années par son fondateur, qui vendait des colliers de perles depuis son van pour financer ses prototypes.
Le « burn rate »
C’est la vitesse à laquelle une startup « brûle » sa trésorerie chaque mois, avant d’être rentable.
Le « serendipity engine »
La sérendipité, c’est trouver quelque chose de génial en cherchant autre chose, comme la pénicilline ou le Post-it. En entrepreneuriat, on ne subit pas la chance, on la provoque en multipliant les points de contact : sortir de son bureau, parler à des inconnus, lancer un podcast, tester une idée farfelue.
Le « product-market fit » (PMF)
C’est le moment où votre produit rencontre enfin son marché. Ce n’est pas seulement avoir des clients : c’est quand la demande devient si forte que vous avez du mal à suivre.
L’interview du mois : Clara, fondatrice des Bijoux de Claclou
Autoentrepreneuse et fondatrice de la marque de bijoux artisanaux Les Bijoux de Claclou, Clara B. fédère aujourd’hui une communauté de plus de 10 000 abonnés sur les réseaux sociaux. Elle a récemment fait le pari de se spécialiser sur une niche : les bijoux inspirés de l’univers littéraire. Elle nous raconte son quotidien et les coulisses d’une marque en pleine croissance.
Quand as-tu commencé les bijoux, et qu’est-ce qui t’a poussée à persévérer ?
J’ai toujours aimé fabriquer des bijoux, et j’ai commencé très jeune, dès le CM2, en les vendant dans la cour de récréation. Le projet est devenu sérieux pendant ma licence, quand j’ai officiellement créé mon entreprise. J’ai commencé à développer ma marque sur les réseaux sociaux fin décembre 2024, et c’est là que j’ai enfin lancé mon site.
À quoi ressemble ton quotidien d’entrepreneuse ?
Il est assez libre : je me lève quand je veux, en général à partir de 8 h. Le matin est consacré aux e-mails et à la communication sur les réseaux sociaux. L’après-midi, je me concentre sur les commandes et la confection des bijoux. Il m’arrive souvent de travailler tard, jusqu’à 22 h ou minuit, surtout en période de fêtes.
Quelles sont tes différentes casquettes ?
Je fais un peu tout ! Photographe, monteuse vidéo, community manager, artisane. Je gère aussi l’identité visuelle (logo, charte graphique), le design et la maintenance du site, la relation client, et même les illustrations des cartes de remerciement. Sans oublier la logistique, l’expédition et toutes les tâches administratives. Au moins, on ne s’ennuie pas !
Comment attires-tu et fidélises-tu tes clients ?
J’utilise énormément le storytelling. Je ne vends pas juste un objet, je raconte une histoire. Si je crée un bijou inspiré d’un livre, j’en parle à ma communauté et je lui demande son avis : cela crée un lien émotionnel. Pour fidéliser, je mise tout sur l’écoute. Je demande à mes clients ce qu’ils attendent, quels livres ils aimeraient voir représentés. Ils se sentent entendus, et cela crée une loyauté naturelle.
Comment gères-tu les critiques ?
Ceux qui jugent sont souvent ceux qui font moins. La critique constructive est utile ; le reste, je le mets de côté. Le plus important, c’est de rester proche de ceux qui nous soutiennent.
As-tu déjà connu un échec marquant ?
Oui, au début, j’ai eu un problème technique avec des colliers. Je montais des perles sur une base de chaîne : avec la chaleur de l’été, la chaîne se détendait et les perles bougeaient. Cela a été une grosse leçon sur la qualité des matériaux. J’ai dû assumer, rembourser ou refaire les pièces. J’ai appris à être beaucoup plus rigoureuse dans le choix de mes fournisseurs, et à bien répondre à une cliente mécontente. Ce sont souvent les erreurs qui font progresser une marque.
Comment vois-tu l’avenir de ton entreprise ?
Le but est de garder cette proximité. Même avec 10 000 abonnés, je veux que mes clients se sentent compris. Si demain ma vie change, les priorités s’adapteront, mais l’attention portée au client restera centrale. C’est cette authenticité qui fait la valeur de la marque.
Que dirais-tu à quelqu’un qui n’ose pas se lancer ?
Lance-toi, sans trop réfléchir. Au pire, le projet ne marche pas, et tu sauras que ce n’était pas la bonne voie. C’est une expérience enrichissante, un investissement sur soi : même en cas d’échec, tu en sauras plus sur toi-même et sur tes envies.
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